Périples

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Le venin d’une terre qui nous a vus naître et la bassesse du cœur humain nous auront pris tout ce qu’on a jamais aimé pour nous faire connaître l’amertume de l’exil…

On s’en ira au bout du tunnel,
La lumière découvrira nos plaies,
Trop profondes pour être guéries,
Trop laides pour être vantées.
Mais on devra conter ce périple,
Forcer la mémoire à tracer un chemin
Pour nos cadets.

La vie nous avait livrés à la mort,
Des tourments du centre des enfers
Enveloppaient nos frêles existences,
Nos marches avaient été longues
Et des cris d’horreur faisaient écho à nos rires passés.
Des êtres chers avaient été réduits à un tas d’immondices aux os desséchés,
Et seul le temple de nos cœurs,
Les gardait vivants.
On priait pour les retrouver, on courait pour les fuir.

Nos espoirs étaient mâchés,
Sans aucune présence dans ces sombres forêts
Pour nous dire si nos lendemains existaient,
Ou si la vie, sur la terre des autres
Sera plus clémente que celle de nos aïeux.

On aura sauvé nos vies
Pour prix de nos âmes,
Fuyant une tombe à ciel ouvert
Où le soleil pleure sang
Et la lune chante une Oraison.
On s’en ira au bout du tunnel, mais nos fils reviendront!

Anny-Princia

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