Exil

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Des traversées à ne plus revivre. L’exilé est sans terre, contraint à partir…

Décombres d’une vie et d’une gloire,
Moments de nuit noire,
Sans aucun astre pour nous guider comme les rois mages.
Obligés de nous envoler loin d’une terre prospère
Sous laquelle sont enterrés
Les vieux cordons qui nous nourrirrent dans nos premières heures.

Traversée d’eau froide,
Pour atteindre une terre étrangère,
La vigueur de nos jambes nous portait
Là où nos yeux n’avaient jamais exploré,
Et où nos âmes n’appartenaient point.
Ne voulant pas que celle qui avait bu l’eau des poches de nos mères,
S’abreuve de notre sang.

Commencement d’une ère nouvelle,
Où les danses sont deuils,
Et les rires larmes.
Où le passé brille bien plus que l’avenir,
Et où le présent se moque de nos âmes meurtries.
Ne sachant pas si je te retrouverais,
Belle contrée, je me permets d’écrire un petit adieu.

Je m’en vais vers un joug étranger,
Je m’en vais loin de tes rivières qui ont bercé mon enfance insouciante.
Je m’en vais vivre un calvaire,
Et si je ne peux rester auprès de toi,
Alors je te transporterai dans ce petit cœur.
Je parlerai ta langue,
Mes fils joueront de tes tambours,
Et mes filles se déhancheront au rythme de ton cœur.
Si je ne reviens pas,
Accueille mes rejetons.
Je m’en vais à l’abri le temps que la tempête se calme.

Anny-Princia

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