Un peu

252

Et lorsque ma plume essaie de matérialiser mes états d’âmes informes, le tour est bien souvent perdu d’avance… ou peut-être pas…

Ce que le cœur porte
Le bout des doigts s’en accapare
Ce que l’âme ressent
Les yeux craignent de s’y ouvrir.
Alors, comment dépeindre fidèlement ?
Mettre sur papier ce qui ne demeure que dans la sphère de la pensée ?
C’est tenter d’arracher du loup sa peau pour le revêtir celle d’un agneau
Et l’envoyer dans les pâturages ;
Espérant qu’il broutera tranquillement.
C’est comme marcher nu dans la rue,
Les paupières collées, espérant que le monde tout autour est aveugle à cette nudité.

Ces pensées, ces idées, ce monde non dévoilé est si vrai, cru et parfois cruel.
D’autres fois si innocent et tellement parfait
Que seule la frontière de l’âme peut les maintenir pures.
Alors pour tout coucher sur la feuille,
Il faut maquiller, repoudrer par des rimes, des vers, des phrases qui sonnent bien à l’oreille, dit-on.

Écrire est un art,
L’art de se donner
De déshabiller ce cœur recouvert
Sans limites et sans honte
Afin de servir de miroir
Afin que l’autre se retrouve… ou pas
Afin que l’inédit prenne forme et se révèle enfin.
Au fond… Tout comme à la surface,
Donner c’est recevoir.

Ruski

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *