J’ai envie d’écrire

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Ma plume déverse nos torrents violents, nos ruisseaux calmes… bref, nos flots à débits divers à l’image de nos états d’âme.

J’ai envie d’écrire sur tous les murs et y peindre mes idées
J’ai envie d’écrire pour me libérer l’esprit et ainsi m’évader
J’ai envie d’écrire quelques lignes, quelques vers oxydés
J’ai envie d’écrire pour déshabiller ces quelques mots codés.

J’ai envie d’écrire pour crier, trier, marier chaque consonne
Chaque lettre, chaque voyelle, chaque mesure afin qu’elles résonnent
Écrire ces fragments de mots dramatiques pesant des tonnes,
Écrire pour défier ces froids silences monotones.

J’ai envie d’écrire.

J’ai envie d’écrire à ceux qui s’effondrent sous le poids de leur propre déséquilibre
Écrire sur l’ombre des pas de nos aïeux, briser le verre et redorer leur mémoire,
Renaître de mes cendres et prier pour briller dans le noir.

J’ai envie d’écrire sur ce buvard qui a vu couler quelques larmes innocentes
Au creux de ces cœurs troués marqués par des cicatrices saignantes,
Écrire sans faire trop de bruit car tant de voix sont devenues saturantes;
Chuchoter sans faire mal
Ôter ce cri infernal.

J’ai envie d’écrire à ces mères qui ont dû noircir leur foi pour nourrir l’humain
À ces pères qui ont su redresser l’humanité sans se salir les mains
A ces âmes sœurs, aux coups de cœur qui ont vécu sur les rives du styx pour en sortir saints
Leur dire que l’essentiel est de savourer le présent, qu’hier forge mieux demain.

J’ai envie d’écrire nos peurs, nos doutes, nos craintes
Nos folies, nos transes, nos plaintes,
Scruter un monde où les perceptions ne percutent l’autre
Car peindre avec la sève rouge de nos frères ne fera pas de nous des créateurs
Mais plutôt des craies à terre.

J’ai envie d’écrire pour que mes lèvres gardent connaissance
Écrire afin de comprendre et soigner ma conscience
Écrire en harmonie, pour adoucir ce destin silencieux
Écrire sur chaque pierre la mélodie que je fredonne aux rythmes des valeurs que je prône.

J’ai envie d’écrire.

Tendre mes mains à ceux qui ont vu leurs jours s’assombrir
Peindre des sourires sincères, ces yeux emplis d’espoir
S’écrier du plus profond des entrailles qu’être vivant ne fait pas de nous des êtres humains
Que pour mieux comprendre Dieu, il fallait comprendre son œuvre… l’humain.

Alain Kay

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